par Cappella Forensis 
 de Jean GIONO
Spectacle musical. D’après Beethoven, Schubert et Ravel

NOTE D’INTENTION À l’origine du spectacle est l’idée du paysage. Le paysage, et, tout de suite, deux œuvres qui, à cette évocation, me viennent à l’esprit, et qui, l’une musicale, l’autre littéraire, portent une vision comparable du paysage, à la fois intime et épique, descriptive et sublimée, naturaliste et humaniste : ce sont « le jardin féerique », des Contes de ma Mère l’oye de Maurice Ravel, et l’Homme qui plantait des arbres, de Jean Giono. L’Arcadie de Giono Giono est peut-être l’écrivain français du XXème siècle le plus proche du paysage, de son paysage, celui de la région de Manosque et des plateaux de la haute Provence. Par la précision, la rudesse et la poésie de sa langue, il parvient à en donner une vision qui semble tout autant précise et naturaliste que lyrique et sublimée ; de ce pays qui est réel, tangible et issu de son quotidien, il fait une nouvelle Arcadie, ancrée dans une mystique païenne de la terre, une vision à la fois dure et idéalisée de la paysannerie et une conception personnelle, exigeante et humaniste de la place de l’homme dans la nature. Musique et paysage Le paysage musical est toujours subjectif, tant il est vrai que la musique ne peut rien décrire de précis ; mais, comme le dit Berlioz, par son vague même, et par le rôle de l’imagination que cette imprécision laisse libre, « incomparablement plus puissante » dans l’évocation. Et nombreuses sont les musiques dont le libre cheminement, la rythmique ample et la mélodie longue et souple peuvent laisser à l’imagination de l’auditeur toute latitude de voler vers des paysages d’autant plus beaux qu’ils sont moins tangibles. C’est le cas du « jardin féerique » de Ravel, jardin de contes mais dont la musique transporte à la fois l’auditeur dans un jardin enfantin et nostalgique, et, sur les ailes d’un large oiseau, vers des paysages gigantesques et sublimes. Ce qui réunit Ravel et Giono est aussi la perfection du langage, le même souci de la mélodie/la phrase parfaite, chirurgicale, lame d’acier qui nous transperce corps et cœur jusqu’à l’âme. Mais Ravel n’est pas le seul compositeur dont les musiques se pressent pour servir cette idée de paysage. A sa suite, et sans limite possible, on peut appeler à l’aide de l’imagination du lecteur et de l’auditeur, par exemple, le mouvement lent de la 9ème symphonie de Beethoven, le premier mouvement de sa Pastorale, Siegfried idyll de Wagner, le premier mouvement de la 2ème symphonie de Brahms, et tant d’autres ! Pourquoi ces musiques autour du texte de Giono ? Outre l’aspect presque épique, le souffle lyrique qu’elles peuvent apporter, c’est avant tout les capacités fantasmatiques de chacun, individuelles, intimes qu’elles peuvent convoquer, et ainsi décupler l’effet du roman sur l’auditeur.
De la lecture-concert au spectacle Texte et musique doivent se nourrir, sans se gêner. Parfois, la musique est seule, parfois c’est le texte qui se développe dans le silence. L’interpénétration des deux doit être lourde de sens. À terme, la lecture en musique doit devenir un spectacle total dans lequel le roman prend vie théâtrale, par la parole de l’acteur et la musique qui tient lieu de scénographie et de mise en scène. François Bernard, directeur artistique

LES ARTISTES 4 interprètes sur scène : Un acteur (Laurent Chouteau), 3 musiciens, une clarinette (Damien Schulteiss), un marimba (Denis Kracht), un accordéon (Sven Riondet) jouent les œuvres de Ravel, Wagner et Beethoven, dans un arrangement du directeur artistique.

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