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Le chef d’oeuvre cinématographique pour la première fois au théâtre.

Jean, déserteur, arrive de nuit au Havre pour quitter le pays. Près des docks, chez Panama, le bar le plus tranquille de la côte, où Michel, un peintre suicidaire a élu domicile, il fait la rencontre de Nelly. C’est le coup de foudre, le ”,coup de bambou”,
Sous l’emprise de Zabel, son effroyable tuteur, Nelly vit dans la peur. En ville, le beau Maurice a disparu. Meurtre ou cavale ? Lucien, petit truand de quartier, est à sa recherche et Zabel sait quelque chose. Jean se retrouve pris au piège de ce terrible engrenage.

Note d’intention : Le Quai des Brumes, c’est avant tout le franc-parler, le parler vrai de mon enfance, l’argot des halles où je suis né, ai fait l’école buissonnière, joué au ballon et aux billes dans les rues, comme si la prose, la gouaille de Prévert si simple, d’une petite grimace, passait au travers des générations sans jamais prendre la moindre ride.
Poésie d’une parole à fleur de bitume sensible et lumineuse « comme un gosse qui aurait trop bouffé », populaire et cruelle où les zones d’ombre et brumeuses de l’âme pèsent sur le coeur écorché des hommes, Le Quai des Brumes offre un regard impitoyable sur la nature humaine.
Oui, écorchés et impitoyables, tels sont les personnages de cette histoire, dont les blessures profondes vont bien au-delà de ce qu’ils voudraient en laisser paraître. Sans dieux ni maîtres, sans loi ni justice, en quête de liberté, de cette inaccessible liberté, livrés à la violence de leur être, à sa tyrannie, sa jalousie, sa rage, sa folie meurtrière. Et pourtant, de cet inaccessible naît l’irrépressible amour, l’amour pur, l’amour vrai, l’amour de ce couple mythique vivant à tout jamais au-delà de la mort.
En revoyant le film réalisé par Marcel Carné, je me suis dit qu’il y avait là comme une évidence. L’évidence d’une tragédie moderne, éternelle et pardessus tout théâtrale.
Que proposer de mieux à un metteur en scène, quel cadeau plus beau pouvait-on lui faire ?
Mon désir d’absorber, de manipuler, sculpter, malaxer, mettre en corps, en chair, en bouche, en souffle, en mouvement, en lumière, la puissance du scénario de Jacques Prévert, tout en respectant ses mots scrupuleusement, y déceler la vérité, ma vérité, ici et maintenant et les faire revivre dans l’instant présent, comme une matière nouvelle, authentique, contemporaine, m’a décidé à en faire une adaptation pour la scène en gardant les personnages principaux et quelques personnages secondaires pour en condenser l’action et les émotions comme j’aime à le faire dans mes mises en scène.
Pour le 40e anniversaire de la mort de Jacques Prévert, faire revivre sur un plateau de théâtre une oeuvre aussi emblématique est un honneur et une grande joie.

Fiche technique :

8 p. en déplacement
Salle équipée
Technique légère
Tout public à partir de 10 ans
durée : 1h20
jauge variable

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