« Cette œuvre en 5 actes fût écrite en réponse au livre Les Mains Sales de Jean-Paul Sartre situant un groupe de révolutionnaires socialistes cherchant à éliminer un traître du Parti. »

« En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d’ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J’ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai…

J’ai même gardé au héros des Justes, Kaliayev, le nom qu’il a réellement porté. Je ne l’ai pas fait par paresse d’imagination, mais par respect et admiration pour des hommes et des femmes qui, dans la plus impitoyable des tâches, n’ont pas pu guérir de leur coeur. On a fait du progrès depuis, il est vrai, et la haine qui pesait sur ces âmes exceptionnelles comme une intolérable souffrance, est devenue un système confortable. Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre – et pour dire ainsi où est notre fidélité.

Je voudrais préciser encore : Que la forme de cette pièce ne doit pas tromper le lecteur. J’ai essayé d’y obtenir une tension dramatique. J’ai essayé d’y obtenir une tension dramatique par les moyens classiques, c’est-à-dire l’affrontement de personnages égaux en force et en raison. Mais il serait faux d’en conclure que tout s’équilibre et qu’à l’égard du problème qui est posé ici, je recommande l’inaction. J’ai seulement voulu montrer que l’action elle-même avait ses limites. Il n’est de bonne et juste action que celle qui reconnaît ses limites et qui, s’il lui faut les franchir, accepte au moins la mort. Notre monde nous montre aujourd’hui une face répugnante, justement parce qu’il est fabriqué par des hommes qui s’accordent le droit de franchir ses limites, et d’abord de tuer les autres, sans jamais payer de leur personne. C’est ainsi que la justice d’aujourd’hui sert d’alibi aux assassins de tout justice. »

Albert Camus

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Monsieur Malaussène au théâtre

Fiche Technique :

10 personnes en déplacement
(dont une violoncelliste)
Technique légère
Salle équipée
Jauge : 500 p.
Durée : 1h45

Téléchargements :






Photos : © BK Sine